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Il faut souligner que cette thèse sur l’intégration politique de la diaspora Haïtienne est en lien théorique direct avec le concept de mobilité sociale. L’immigration permet aussi cette mobilité sociale malgré l’existence des épisodes de déqualification professionnelle. Des Haïtiens, ayant acquis des propriétés sociales élevées, veulent mettre en congruence leur statut social et leur représentation politique dans les pays d’accueil. Dans la première partie de la thèse, l’histoire politique de l’émigration haïtienne a été abordée en le situant à la fois dans les bouleversements politiques en Haïti et le contexte économique régional qui profitait de la main d’œuvre haïtienne. En deuxième lieu, le sociologue analyse les politiques d’intégration des deux pays (France, Québec) afin d’étudier l’influence des régimes politiques sur l’intégration politique de ces Haïtiens. Dans le cas du Québec et de la France, Rodelin Exavier montre une opposition dans les politiques d’intégration des concernés. Le premier reconnaît le « multiculturalisme », qui admet l’existence des minorités dans la société et permet la libre expression de leur identité même dans l’espace public. Alors que la France prône le « républicanisme » qui lui, fait abstraction de la communauté pour reconnaître seulement l’individu-citoyen, a expliqué le jeune chercheur. Cette opposition classique fournit une réponse partielle à l’intégration politique des immigrés haïtiens. Il convient d’aborder cette problématique à partir des déterminants sociaux. Pour finir, la troisième partie du travail traite les questions d’implications politiques de la diaspora haïtienne en Haïti, au Québec ou en France. Malgré les différents problèmes rencontrés et susmentionnés. Selon le Dr. Exavier, « la diaspora demeure une force politique et économique importante surtout pendant les périodes de crises politiques, où elle exerce des pressions sur les gouvernements des pays d’installation ». Interrogé sur la question de la politisation de la diaspora haïtienne, Rodelin Exavier a répondu ce qui suit : « Elle est liée à « l’exopolitie » animée par les opposants politiques duvaliéristes. Cette mobilisation politique était plutôt orientée en direction d’Haïti. Ils appuyaient les actions des groupes politiques qui militaient clandestinement en Haïti. Cela s’explique par la composition sociale des deux groupes. Les profils sociologiques sont différents même s’il faut préciser que ce sont des minorités quels que soient les pays d’installation. Au Canada, cette minorité haïtienne tend à accroitre sa visibilité contrairement à la France où la communauté haïtienne n’arrive pas à sortir de l’invisibilité ».A lire aussi |Eden Lubéris: encore un nouveau Docteur (Ph.D.) pour Haïti.
Cette thèse conclut que la politisation des immigrés dépend de leur statut social dans le pays d’accueil. Toutefois, l’influence des systèmes politiques sur l’intégration politique des migrants haïtiens est à considérer. « C’est pour cela que le multiculturalisme canadien parait plus favorable à une politisation que le système républicain français … » a conclu Rodelin Exavier. Voici les noms des membres du jury de soutenance de thèse de Rodelin Exavier.- Cédric AUDEBERT | Directeur de recherche CNRS
- Béate COLLET | MCF-HDR, Sorbonne Université
- Pierre DEMEULENAERE | Professeur des universités, Sorbonne Universités
- Myriam HACHIMI-ALAOUI | MCF, Université du Havre
- Georges Eddy LUCIEN | Professeur, Université d’État d’Haïti
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